Vivre avec un Haut Potentiel Intellectuel (HPI) peut souvent être perçu comme un don, une capacité cognitive hors norme ouvrant des portes. Pourtant, derrière cette terminologie clinique se cache une réalité quotidienne bien plus complexe et nuancée, que de nombreux patients décrivent par un mot simple mais lourd de sens : “trop”. Trop d’émotions, trop de pensées, trop d’intensité, trop de sensibilité aux stimuli environnants. Cette expérience de la surabondance intérieure n’est pas un détail anecdotique ; elle est fréquemment au cœur de souffrances psychologiques méconnues. En tant qu’hypnothérapeute, je rencontre régulièrement à Vannes des personnes, adultes comme adolescents, qui, après avoir découvert ou soupçonné leur HPI, cherchent avant tout à apaiser cette tempête permanente. Ils sont à la recherche d’un mode d’emploi pour une existence qu’ils ressentent comme étant en constante surcharge. Leur quête n’est pas d’être “moins intelligents”, mais de retrouver un sentiment de paix, de légèreté et de connexion à eux-mêmes et aux autres.
L’une des manifestations les plus courantes de cette sensation d’être “trop” est l’hypersensibilité, qui accompagne très souvent le HPI. Il ne s’agit pas d’une simple susceptibilité, mais d’une réception et d’un traitement des informations sensorielles et émotionnelles avec une amplitude bien supérieure à la moyenne. Un bruit répétitif, une lumière trop vive, une ambiance de groupe chargée ou l’émotion d’autrui peuvent devenir de véritables agressions, drainant une énergie considérable. Cette hyper-réceptivité, couplée à une pensée en arborescence incessante, crée un terrain fertile pour des troubles anxieux. L’anxiété ici n’est pas toujours liée à un événement précis ; elle est souvent une anxiété flottante, un sentiment d’insécurité permanent face à un monde perçu comme chaotique, injuste ou incompréhensible. Le mental, en quête perpétuelle de sens, de logique et de solutions à tous les problèmes perçus, ne trouve jamais le repos. Il tourne en boucle, anticipant, analysant, comparant, dans une rumination qui peut épuiser les ressources psychiques jusqu’à l’épuisement professionnel ou le burnout.
Cet épuisement est un point de rupture fréquent. La personne HPI, qui a longtemps fonctionné en puisant dans ses réserves mentales extraordinaires, finit par atteindre une limite. Le corps dit stop. C’est souvent à ce moment-là que les troubles somatiques ou les troubles du sommeil apparaissent de manière criante. L’esprit qui ne sait pas mettre sur “pause” le jour empêche le système nerveux de se détendre la nuit. Les insomnies, le sommeil non réparateur, les cauchemars peuplés de symboles et de scénarios complexes sont fréquents. Parallèlement, le sentiment de décalage persistant, cette impression de ne pas parler la même langue que la majorité des gens, peut conduire à un isolement social douloureux. Pour se protéger ou par lassitude de devoir sans cesse s’adapter, la personne peut se retirer, alimentant un cercle vicieux de solitude et de mésestime de soi. Elle finit par croire que sa manière d’être est un problème, une anomalie à corriger, renforçant ainsi le sentiment d’illégitimité et de honte.
Face à cette constellation de défis, que faire quand on se sent “trop” ? La première étape, souvent libératrice, est la reconnaissance et la dépathologisation de son expérience. Comprendre que ces phénomènes sont des conséquences cohérentes d’un fonctionnement neurologique différent, et non des défauts de caractère, est fondamental. Ensuite, il s’agit d’apprendre à gérer ce flux, non pas en le supprimant – ce qui serait impossible et contre-nature – mais en construisant des digues, des écluses et des zones de calme intérieur. C’est précisément dans ce travail de régulation et de réconciliation avec soi que l’hypnothérapie révèle toute sa pertinence. Contrairement à une approche purement analytique qui pourrait alimenter la machine à penser, l’hypnose propose une voie d’accès directe à l’inconscient, à la partie de nous qui régit les émotions, les automatismes et les ressources profondes.
L’accompagnement que je propose dans mon cabinet d’hypnothérapie à Vannes est spécifiquement adapté à cette neurodiversité. Il ne vise pas à “normaliser” la personne, mais à l’aider à intégrer sa singularité de manière harmonieuse et épanouissante. Le travail sous hypnose permet d’abord d’installer un profond état de relaxation physique et mentale, une rareté pour un esprit HPI habituellement en surchauffe. Cet état modifié de conscience ouvre une porte pour calmer l’hyperactivité cérébrale, ralentir le flux des pensées et apaiser le système nerveux sympathique, souvent en alerte constante. Par des techniques de visualisation et de métaphores, nous pouvons travailler à désamorcer les angoisses, à créer un “lieu sûr” intérieur, une bulle de ressourcement où la personne peut se retirer mentalement pour se recharger.
Un axe central de ce travail concerne la relation à l’émotion. L’hypnose permet d’apprendre à observer les émotions intenses – cette colère foudroyante, cette tristesse absorbante, cette joie euphorisante – sans s’y identifier totalement ni se laisser submerger. Il s’agit de passer de “je suis une émotion” à “je ressens une émotion”. Cette distinction, simple en théorie mais difficile à intégrer sous le feu de l’instant, devient accessible par la pratique hypnotique. Elle offre une liberté nouvelle. De plus, nous pouvons revisiter des scénarios du passé où le sentiment d’être “trop” a été source de blessure, et recadrer ces expériences avec les ressources de l’adulte que la personne est devenue. Enfin, l’hypnose est un outil puissant pour renforcer l’estime de soi et ancrer la conviction que cette sensibilité et cette intensité, une fois bien canalisées, sont des atouts formidables : une empathie profonde, une créativité vive, une capacité d’analyse et une passion qui peuvent devenir des moteurs de vie et non plus des freins.
La quiétude de la région de Vannes et l’atmosphère du cabinet sont des atouts précieux dans ce processus. Ils offrent un cadre sécurisant et déconnecté de l’agitation, propice au lâcher-prise et à l’introspection. Ici, à Vannes, loin des pressions métropolitaines souvent amplifiées par le HPI, il est possible de s’autoriser à ralentir, à respirer, et d’engager un dialogue bienveillant avec les parts de soi qui ont longtemps été perçues comme encombrantes. L’objectif ultime de cet accompagnement en hypnose n’est pas de faire disparaître la personnalité HPI, mais de permettre à chacun de vivre pleinement sa vie, avec toute l’intensité qui le caractérise, mais sans la souffrance qui l’accompagnait. Il s’agit de transformer ce qui était vécu comme un fardeau en une source de richesse intérieure et de connexion authentique au monde.

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